Des cours de cuisine réservés aux hommes ! (Ouest-France du lundi 16 déc, pages départementales)

ouest france 15-12-2013 - Copie
Ouest-France – Ille-et-Vilaine – 15 DécembreReportage par Camille ARCHAMBAULTPar petits groupes, les hommes se sont réparti les plats. Pour, enfin, la dégustation d’un vrai repas de fête ! |

Tous les mois, près de Fougères, un groupe d’hommes se réunit pour… cuisiner ! Entre eux, moins de pression et une très bonne soirée en perspective. Le boulot ne manque pas.

Dans le petit bourg de Laignelet, à quelques kilomètres de Fougères, des éclats de voix s’échappent d’une petite maison en pierre. C’est un local municipal loué par l’association Fleur de blé noir. Derrière la porte, on s’agite autour d’une table et des fourneaux. Les couteaux sont aiguisés, les pressoirs acérés et les couleurs des courges au milieu des légumes et des fruits égayent la petite pièce.

Au centre, il y a le « chef » : Robert Fourmont. C’est lui qui orchestre l’atelier cuisine. Et là, pas la moindre voix féminine. C’est uniquement un cours pour les hommes. Il y en a qui sont là depuis deux ans, d’autres qui viennent pour leur premier ou deuxième cours. En tout cas, ils sont tous ici pour la même chose : apprendre à faire de bons petits plats, passer un bon moment, et puis… déguster leur cuisine.

Répétition avant Noël

Cela fait deux ans que Robert Fourmont a lancé ce cours masculin. « Être entre hommes, ça permet d’être plus libre pour se lancer. Quand les gens (N.D.L.R. Comprendre « les femmes ») sont trop compétents, ça peut gêner les apprentis cuisiniers ! »

Ils sont huit à participer une fois par mois à ce rendez-vous. Robert est allé chercher les produits pour le festin. Mais, attention, les hommes ne vont cuisiner qu’avec des produits locaux, de saison et bio si possible. « On pense trop souvent à une recette et on achète les produits pour la réaliser. Mais il faut penser différemment. C’est en fonction des produits qu’il y a, qu’il faut penser ensuite à la recette. »

Robert a ainsi créé certaines des recettes qui sont préparées et d’autres qu’il a piochées et améliorées. Le maître de séance répartit les groupes : deux personnes pour l’entrée, trois pour le plat et trois pour le dessert. Il est un peu plus de 19 h quand les huit hommes commencent à découper, cuire… Et rien ne leur est épargné. Non seulement il faut que l’« on mange à 22 h ! », mais les recettes sont très compliquées… Dans le groupe « entrée », il faut réaliser des noix de Saint-Jacques sur chips de betterave rouge, crème de céleri et sauce caramel au cidre…

Gérard Pontis, un élève, se concentre. Car « j’ai un peu la pression, je me suis engagé à refaire cette recette à ma famille pour Noël… » Et les choses se compliquent parfois. Les explications de la recette ont embrouillé les esprits novices. « Mais vos chips de betterave sont blanches ! », s’étonne Robert. « Bah oui, c’est marqué qu’il fallait les blanchir ! » Sauf, qu’en cuisine, « blanchir », c’est mettre les produits dans l’eau bouillante, mais pas trop longtemps…

À 22 h, place à la préparation des assiettes. Et il faut que ce soit joli. « Même si ce n’est pas bon, on aura au moins ça de bien noté ! », sourit Gérard. Puis, un vrai repas de fête arrive sur la table. Après l’entrée, place à un chapon de pintade au foie gras et courge Jack be little. En dessert, la glace aux noix et miel de Fougères ainsi que les macarons avec caramel au beurre salé sont la belle récompense de trois heures d’efforts. Et qui a dit que les hommes ne savaient pas cuisiner ?

Contacter l’association : fleurdeblenoir35@hotmail.fr ; fleurdeblenoir.fr

 

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